Richard Strauss – Morgen !

op 27, n°4 (1894)

Un chant d’espoir pour les européens d’aujourd’hui ?
Nous aurions pu continuer avec Debussy et faire une incursion dans le 20ème siècle, mais patientons encore un peu. Ecoutons aujourd’hui ce très beau lied de Richard Strauss (1864 Munich, 1949 Garmisch), qui tourne complètement le dos à la modernité d’alors. 1894 c’est l’année de la composition du Prélude à l’après midi d’un faune par Debussy (cf post précédent). La fin du 19e n’est pas du tout uniforme d’un pays, d’un compositeur à l’autre. Au 20e les divergences s’accentueront.

Paroles de John Herny Mackay, un germano-écossais:

Morgen!
Und morgen wird die Sonne wieder scheinen
und auf dem Wege, den ich gehen werde,
wird uns, die Glücklichen sie wieder einen
inmitten dieser sonnenatmenden Erde…
und zu dem Strand, dem weiten, wogenblauen,
werden wir still und langsam niedersteigen,
stumm werden wir uns in die Augen schauen,
und auf uns sinkt des Glückes stummes Schweigen…

Demain!
Et demain le soleil brillera à nouveau,
Et sur les chemins que j’emprunterai,
Il nous unira à nouveau, nous les heureux,
Au sein de cette terre qui inspire le soleil,
Et vers la plage, vaste, aux ondulations bleues,
Nous descendrons calmement et lentement,
Silencieux nous nous regarderons dans les yeux,
Et sur nous descendra le silence muet du bonheur
(traduction Luc Roger)

L’op 27 est un présent de Richard Strauss à sa jeune épouse, la cantatrice Pauline de Ana. On peut donc privilégier de préférer les enregistrements pour soprano, mais comme Strauss a enregistré la version orchestrale avec un baryton… à vous de voir. Au piano c’est sublime, à l’orchestre aussi (surtout chanté par Renée Fleming cf ci-dessous).

Dietrich Fischer-Dieskau et Wolfgang Sawallish :