Découvrons la métamorphose d’un morceau, du clavecin au duo d’opéra.
Ecoutons Jean Rondeau jouer ce célèbre rondeau^^ (refrain, couplet 1, refrain, couplet 2, refrain, etc.) du 3e livre de pièces de clavecin (1727)
La musique est inspirée de la « danse de deux indiens de la Louisiane », en l’occurrence des Iroquois, à laquelle Rameau avait assisté à Paris.
Le morceau est construit en imitation sur un rythme de marche (à deux temps).
Je préfère la version de Christophe Rousset, mais il ‘y a que le son
Dans l’Opéra de Rameau les Indes galantes (1735), « Les sauvages » est réutilisé mais enrichi d’une superbe orchestration et de paroles peu inspirée, pour donner le célèbre « Forêt paisibles ».
Il s’agit de la scène finale de la quatrième partie des Indes Galantes, qui met en musique la fin des hostilité entre français, espagnols d’un côté et indiens de l’autre ainsi que l’union entre un chef indien et celle dont il est amoureux, fille d’un autre chef, courtisée par les officiers des armées ennemies.
Le chœur alterne avec le duo des futurs époux, Zima et Adario.
Les paroles sont nullissimes, contrairement à la musique :
Forêt paisibles,
Jamais un vain désir ne trouble ici nos cœurs.
S’ils sont sensibles,
Fortune, ce n’est pas au prix de tes faveurs.
Chœur des sauvages :
Forêt paisibles,
Jamais un vain désir ne trouble ici nos cœurs.
S’ils sont sensibles,
Fortune, ce n’est pas au prix de tes faveurs.
Duo :
Dans nos retraites,
Grandeur, ne viens jamais offrir de tes faux attraits !
Ciel, Ciel, tu les as faites
Pour l’innocence et pour la paix.
Duo :
Jouissons dans nos asiles,
Jouissons des biens tranquilles !
Ah ! Peut-on être heureux,
Quand on forme d’autres vœux ?